L'Heure du Réveil

La journée se joue avant huit heures

Une pause vraie dure moins longtemps qu’on ne croit

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Beaucoup de pauses au travail n’en sont pas vraiment : on quitte un écran d’ordinateur pour un écran de téléphone, sans que l’attention ne se relâche réellement. Une pause qui repose n’a pas besoin d’être longue, mais elle a besoin de rompre nettement avec ce qui occupait l’attention juste avant, ce qu’une pause de défilement sur un écran ne fait presque jamais.

Le défilement sur écran n’est pas un repos de l’attention

Consulter des messages, faire défiler des images ou lire de courtes informations sollicite un type d’attention très proche de celui utilisé au travail sur écran, avec des sollicitations visuelles et cognitives comparables. C’est pour cela qu’une pause de dix minutes passée sur un téléphone laisse souvent une sensation de fatigue quasi inchangée, alors que le même temps passé les yeux fermés ou en marchant produit un effet perceptible.

Ce n’est pas la durée de la pause qui est en cause dans ce cas, mais son contenu : l’attention n’a simplement pas eu l’occasion de se relâcher, ce qui explique la sensation de reprendre le travail presque aussi fatigué qu’avant la pause.

Les micro-pauses, courtes mais répétées

Une pause de deux à trois minutes, prise régulièrement au cours d’une tâche exigeante, a souvent plus d’effet sur la vigilance qu’une pause unique et longue en fin de matinée. Ces micro-pauses interrompent l’accumulation de fatigue attentionnelle avant qu’elle ne devienne trop marquée, alors qu’une pause tardive intervient après que la baisse de concentration s’est déjà installée depuis un moment.

Se lever, regarder au loin, étirer le dos ou simplement changer de position suffit souvent à ce type de pause courte, sans qu’un temps d’arrêt prolongé soit nécessaire pour en tirer un bénéfice réel sur l’attention qui suit.

La marche, une pause qui cumule plusieurs effets

Une courte marche, à l’intérieur ou à l’extérieur, combine plusieurs bénéfices que le défilement sur écran ne procure pas : un changement de posture après une position assise prolongée, une exposition à la lumière naturelle si elle se fait à l’extérieur, et une véritable coupure avec la tâche en cours, sans sollicitation visuelle comparable à celle du travail.

Ce type de pause n’a pas besoin d’être long pour être utile : quelques minutes suffisent à relancer la vigilance pour la reprise, à condition que la marche reste sans écran ni conversation qui mobiliserait à nouveau l’attention de façon soutenue.

Ce qui distingue une pause utile d’une pause perdue

Le repère le plus fiable n’est pas la durée de la pause, mais la sensation au moment de reprendre le travail : une vraie pause laisse une attention plus disponible qu’avant, tandis qu’une pause sur écran laisse souvent la même fatigue, simplement déplacée de quelques minutes. Cette différence explique pourquoi certaines personnes se sentent aussi fatiguées après leur pause de midi que juste avant, malgré un temps de coupure pourtant réel.

Ce principe rejoint celui qui vaut pour le creux de milieu d’après-midi : ce n’est pas la quantité de temps arrêté qui compte, mais la nature du contenu de cet arrêt, courte marche ou véritable coupure valant souvent mieux qu’une pause plus longue mais mal employée.

Ce que change une vraie coupure sur la fatigue visuelle

Une tâche prolongée sur écran sollicite en continu les mêmes muscles oculaires, fixés à une distance constante, ce qui entretient une fatigue visuelle qui s’ajoute à la fatigue attentionnelle. Une pause qui garde les yeux sur un autre écran, même différent, ne relâche pas cette sollicitation, alors que regarder au loin quelques instants la détend réellement.

L’Anses rappelle l’intérêt de pauses régulières et d’une alternance des distances de vision au cours d’un travail prolongé sur écran, un principe qui rejoint directement celui des micro-pauses évoquées plus haut : mieux vaut plusieurs coupures courtes et bien choisies qu’une seule pause longue passée à nouveau devant un écran. Un simple changement de focale, en regardant un point éloigné pendant quelques secondes toutes les vingt à trente minutes, suffit déjà à réduire une partie de cette tension oculaire accumulée sur une matinée entière de travail rapproché.


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